Temps de travail et qualité de vie : un grand changement en 2007 ?
Combien de temps allons-nous mettre des rustines sur ce vieux système inadapté ? Combien de temps encore allons-nous en traiter les conséquences au petit bonheur la chance ?
Le fonctionnement du marché du travail a deux vices ou vertus, en fonction du côté où l’on se place… Tout d’abord, il coûte très cher à la société. Ensuite, il gave les cabinets et organismes de formation (je sais de quoi je parle).
Mais quid des hommes ? Ceux dont on attend le plus sont ceux qui souffrent le plus… N’y a-t-il pas une hérésie à laisser s’installer un système qui coûte une fortune et qui conduit à les détruire ? N’y a-t-il pas urgence à trouver des solutions pour s’extirper de ce cycle infernal ?
Il n’est pas question de nier la mondialisation ni ses enjeux. Mais, au-delà d’apprendre aux gens à vivre avec un nouveau paradigme, il faut faire évoluer les choses : les horaires de travail pour les mères de famille, les temps de transport, … Il est temps d’ouvrir de nouvelles perspectives : comment penser autrement le monde du travail ? Sur quel standard fonder notre qualité de vie ?
Mais je n’entends rien venir…
Où sont les syndicats pour pousser ces sujets ? Où en est la réflexion politique à cet égard? Qu’en disent les dirigeants ?
La qualité de vie est une question qui fait de plus en plus débat.
Les gouvernements s’intéressent de plus en plus à la qualité de vie de leurs concitoyens, ce qui a généré un certain nombre d’initiatives nationales. Les syndicats, de leur côté, mettent plus que jamais la qualité de vie des salariés au centre de leurs préoccupations. Quant aux employeurs, si leur préoccupation première ne consiste pas à améliorer leur qualité de vie, il leur importe désormais de retrouver un certain équilibre pour assouplir la flexibilité des salariés et, ainsi, devenir plus productif et plus compétitif.
Pourtant, ces discussions ne portent pas vraiment leurs fruits dans la pratique.
Les initiatives nationales sont pour le moment limitées à des réflexions réglementaires et ne s’inscrivent pas dans une dynamique globale. En outre, la négociation collective sur le temps de travail semble en retard, avec très peu de conventions innovantes. En effet, celle-ci est davantage dominée par des préoccupations quantitatives à faible envergure que par un véritable programme qualitatif.
Quant aux entreprises, elles préfèrent aux grands changements de fond des options moins contraignantes, telles que l’extension des contrats à temps partiel ou intérimaires.
Dans ce contexte, les décideurs politiques devraient intensifier leurs efforts pour aspirer à de réels progrès. Pourtant, les débats politiques nationaux semblent eux mêmes par trop théoriques pour influencer le comportement des protagonistes dans les négociations.
Ainsi, les mesures d’amélioration de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée - congés sabbatiques, pratiques favorables à la famille, etc. - n’ont qu’un faible impact sur le terrain.
Que faire ?
Le point de départ pourrait être « le pilier adaptabilité » de la stratégie européenne pour l’emploi, où la qualité du travail constitue un centre d’intérêt explicite de la « méthode de coordination ouverte ».
Selon Laurette Onkelinx, vice-premier ministre belge et ministre de l’emploi, la qualité de l’emploi est l’une des priorités de l’Union Européenne pour devenir une société plus compétitive et fondée sur la connaissance. Quant à Anna Diamantopolou, Commissaire Européen à l’Emploi et aux Affaires Sociales, elle en fait un véritable trait de société : « La qualité est une part essentielle de la manière dont l’Europe travaille. »
La transposition de l’accord cadre européen dans le droit français, prévue en 2007, représente ainsi une véritable opportunité. Au-delà des adaptations juridiques, elle préconise un soutien positif aux démarches de progrès (best practices, dialogue social, responsabilité sociale), ainsi qu’une véritable intégration de la problématique de la sécurité et de la santé sur le lieu de travail.
Que nous soyons institutionnels, syndicalistes, dirigeants, ou simples salariés… C’est à nous, tous ensemble, de ne pas rater ce rendez-vous !