Cohérence du discours dirigeant ...
  Eclaireur et lanterne rouge ...
  Et si l'on se remettait en cause ...
  Vitesse ou précipitation ? ...

 Cohérence du discours dirigeant

OPA hostile de l’Indien Mittal Steel sur l’Européen Arcélor. De toute part, on tente de dissuader les actionnaires de vendre. On avance la divergence de la « vision stratégique », du « modèle de développement » et des « valeurs » ; on conteste la « validité du projet industriel » ; on s’alarme du « sort des salariés »…De leur côté, les experts de la Bourse rappellent que cette tentative n’a en tout cas rien d’illégal. La preuve : Arcélor vient tout juste d’en réussir une tout à fait similaire, en rachetant le Canadien Dofasco au grand dam de son rival allemand ThyssenKrupp.

Bref, il fit hier à autrui ce qu’il n’entend pas qu’on lui fasse aujourd’hui à lui-même. Quoiqu’on pense du bien-fondé de ces opérations (ce n’est pas notre propos), elles posent un autre problème : quel effet peut avoir sur les cadres un tel manque de cohésion du discours dirigeant ? Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais…

On sait la perte de crédibilité que risque d’entraîner une telle conduite. Car elle brouille les règles du jeu entrepreunarial. Des règles que les cadres peinent de plus en plus à discerner dans l’incertitude généralisée. Et dont la lisibilité ne peut plus être rétablie par une simple « bonne communication interne ».

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 Eclaireur et lanterne rouge

Un des paradoxes majeurs qui écartèle les cadres sur le chemin des mutations contemporaines, c’est que leur entreprise se conduit ici en brillant éclaireur et là en véritable lanterne rouge. Brillant éclaireur à coup sûr. Se trouvant en première ligne pour essuyer le feu économique, l’entreprise nous permet d’expérimenter concrètement la mondialisation et de documenter ainsi notre propre opinion en marge des médias et des politiques. Elle aiguise notre conscience de vivre désormais dans un village-monde dont les barrières du temps et de l’espace sont tombées sous les coups des nouveaux moyens de communication. A ce propos, de l’ordinateur au téléphone portable, du fax à l’internet, du TGV à l’avion, n’est-elle pas la première à nous inciter à user de ces avancées technologiques ?  Mais lanterne rouge par ailleurs. Nous changeons aussi avec l’ensemble de la société et sur bien des plans, nous pouvons trouver l’entreprise à la traîne de notre évolution : pouvoir mal partagé entre hommes et femmes, quinquas performants et pourtant évincés, temps de travail tardant à s’adapter à notre mode de vie, décision impliquant le destin de l’entreprise mais que l’on cache aux cadres, comme si nous n’étions pas tous globalement mieux formés et informés…  
 
Comment réduire ce grand écart ?

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 Et si on se remettait en cause ...

Etre flexible ou ne pas être… Telle est la nouvelle exigence du marché de l’emploi envers les jeunes...
Le phénomène touche toute Europe. De l’Angleterre au Danemark, en passant par l’Espagne et l’Allemagne. Tous ces pays ont expérimenté des formules nouvelles, fondées sur la souplesse, la mobilité et la capacité d’évolution… D’ailleurs, grâce à ces mesures, ces pays ont considérablement réduit les chiffres du chômage. Mais ce qui se passe actuellement en France avec le CPE a quelque chose d’unique. 

 

D’une part, les étudiants.
En 68, ils portaient l’étendard du progrès ; aujourd’hui, ils contestent les évolutions du monde en s’arc-boutant sur des positions intenables. En effet, que la situation des jeunes en 2006 soit inquiétante, que la loi sur le CPE ait été imposée d’une manière inacceptable (pas de préparation psychologique, pas de négociation), que cette réforme soit améliorable sur le fond…
Tout cela est indéniable. Mais de là à s’insurger contre la flexibilisation du marché du travail…

Cela rend le combat vain et rétrograde. D’autre part, le gouvernement. Inflexible, celui-ci contribue à détériorer le climat social en imposant ses réformes au forceps. Aux méthodes jacobines se heurtent fatalement les résistances traditionnelles … Comment sortir de ce blocage infernal ? Les autres pays s’en sont sortis à force d’expérimentations, d’évaluations et d’adaptations. 

Les deux camps devront eux aussi accepter de se remettre en cause pour poser les bases d’une vraie discussion.
“Je ne comprends pas ce que veut dire inflexible en démocratie”, lâchait ce matin un membre de l’opposition. Mais commençons déjà par savoir ce que voudrait dire « flexible » dans ce pays !

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 Vitesse ou  précipitation ?

« Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation », disait l’adage. N’est-ce pas pourtant ce à quoi les managers sont inexorablement conduits depuis vingt-cinq ans ?
Primo, la mondialisation : hâtons-nous de rejoindre le ring où la partie se joue en accéléré. Sinon nos concurrents seront les premiers à commercialiser la nouvelle molécule ou à rafler l’immense marché de l’aviation chinoise...
Deuzio, la pression financière : en substituant la plus-value boursière à la valeur réellement créée par l’entreprise, les actionnaires imposent la loi du très court terme, sur leurs tambours battant au rythme des prévisions trimestrielles et des 15% à tout prix...
Tertio, les nouvelles technologies : nomades tenus en laisse électronique, nous sommes devenus instantanément joignables grâce à nos portables, et sommés bien sûr de  donner suite illico sur tous les chantiers en cours. Allô, ici Homo numericus, j’écoute…
Les managers ont intégré tout cela. Mais comment faire pour que ce règne de l’immédiateté ne tourne pas à la dictature ? Pour qu’il laisse tout de même aux cadres et à leurs dirigeants le temps d’inscrire l’action dans une stratégie et de la déployer de façon solide ? 
Tel est le nouveau défi lancé à l’entreprise et que seule peut relever notre intelligence collective.
Alors à vous ! Faites vos propositions !

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