Sans verser dans les clichés, il est indéniable que les femmes disposent d’un sacré bagage culturel pour « faire tenir les choses ensemble ». De leurs devancières naguère confinées à la vie domestique, elles ont appris à favoriser la cohésion d’un groupe qui sans cesse se disperse puis se retrouve. De celles qui assumèrent longtemps seule la « double journée » au travail puis à la maison, elles ont appris qu’aucune décision n’est bonne si on néglige son immédiate mise en œuvre. De leur combat pour l’émancipation mené sans coup férir, elles ont appris que la négociation opiniâtre creuse souvent mieux son sillon que le durcissement des positions. Et pourtant…    

On sait le déficit de leur représentation aux hautes responsabilités, celles du politique comme celle de l’entreprise. Pourquoi ? Serait-ce qu’elles risquent de balayer d’invisibles mais tenaces frontières psychiques entre pouvoir personnel et cause commune, entre discours et pratique, entre challenge et convivialité, entre vie privée et vie publique ?    
Qu’est-ce que les hommes de l’entreprise auraient de si précieux à perdre si eux aussi, par exemple autour de la machine à café, en venaient à oublier leur rôle pour prendre et donner simplement des nouvelles de leurs enfants ?



 

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